Fasciné par la relation entre la lumière et l’eau, c’est tout naturellement que Fabien Léaustic s’interroge sur l’origine de la vie et choisit d’explorer les possibilités qu’offrent les organismes vivants. Invité à travailler avec les chercheurs du laboratoire de biotechnologie de l’Université Polytechnique de Madrid, Fabien Léaustic découvre les propriétés du phytoplancton. Pendant sa résidence au sein du laboratoire, l’artiste s’interroge sur le vivant et émet le désir de transposer les découvertes scientifiques au domaine des Arts visuels. Il s’inspire du travail des scientifiques et acquiert les connaissances techniques pour maîtriser les organismes et en faire un médium artistique. Les phytoplanctons, deviennent un matériau à part entière, marquant de ce fait la toute première utilisation des recherches menées par les scientifiques du laboratoire.
Grâce à un système d’alimentation en eau et en lumière, Fabien Léaustic parvient à recréer un cycle de vie et à assurer le développement de cet environnement en perpétuelle évolution. À l’origine un monolithe de lycra blanc, il est progressivement colonisé par les phytoplanctons qui en modifient l’aspect et la texture. D’abord vierge, la structure est chaque jour davantage recouverte jusqu’à former un intense velours vert. Un micro réseau se constitue sur le monolithe, conférant à l’œuvre ses différences chromatiques. (...) Les micro algues ont une fonction dépurative : elles modifient la composition de l’air et l’assainit. Le monolithe augmente le niveau d’hydrométrie (humidité ambiante) et assainit son environnement. (...) Les œuvres de Fabien Léaustic démontrent à quel point la manipulation du vivant s’avère être une entreprise délicate.

Texte - Adeline Lacombe & Elena-Lou Arnoux.