(...) Un art de protocole qui permet d’approfondir et de jouer avec des concepts clés de l’art moderne et contemporain — la croissance, l’auto-générativité, le hasard.

Enfin, avec une telle installation, comment ne pas s’arrêter sur son titre, Ruines ? Les monolithes de Fabien Léaustic adoptent le langage du majestueux ; ils ne sont pas sans rappeler une esthétique du monument, et de sa forme, bien souvent phallique. Sauf que s’y passe ce retournement amusant. Les monuments que l’on construit généralement dans la dureté du minéral, marbre et granit en premier lieu, ici sont constitués de fragiles tissus et d’encore plus fragiles organismes.
Doit-on y voir un symbole écologique en apprenant que ces petits organismes fragiles, algues et bactéries, produisent par photosynthèse 50 % de l’oxygène de la planète, tout en étant à la base de la chaîne alimentaire maritime ?

En tout cas, ces Ruines, surtout si l’on se rappelle que dans 2001, A Space Odyssey, le monolithe est synonyme de progrès et de savoir, ces Ruines en croissance et en déclin, s’apparentent de plus en plus à des vanités modernes.


Texte de Clément Thibault en 2017.