Ingénieur mathématicien avant de passer par l’école des arts décoratifs, Fabien Léaustic engage dans sa démarche une esthétique de l’organique. La matière s’introduit dans l’espace muséal (ou dans les espaces d’expositions) comme élément non-figé, comme force de transformation en perpétuelle évolution. Lors de la précédente biennale Némo en 2017, des phytoplanctons s’inscrivaient sur d’immenses structures parallélépipédiques. Même le titre de la pièce, Ruines, amenait à repenser une dynamique des espaces désœuvrés, tel un petit chant d’espoir pour rappeler que même si la vie est parfois simplement invisible à l’œil nu, elle est toujours à l’œuvre.
La conversation avec l’artiste était l’occasion de rappeler que sa propre démarche est perpétuellement remise en question et que d’un travail à l’autre, la question de l’éco-conception se précise, ainsi en comparaison d’une monumentalité coûteuse en matière première et en énergie pour NUIT BLANCHE Paris de 2018, sa dernière installation, La terre est-elle ronde ?, visible en ce moment au 104 dans le cadre de la biennale Némo, se veut plus économe. La démarche (qui se veut réflexive) est mise en face des enjeux actuels et tend elle aussi à s’affirmer dans un monde moins énergivore et plus attentif aux multiples facettes qui constituent le travail artistique.

Texte de Céliane Svoboda en novembre 2019 à propos de la table ronde "L'art réchauffe-t-il le climat?" animée par Alice Audouin au Silencio, Paris (75002)