Planète Iode

2015
Eau, sel, laser et techniques mixtes
Machine : 200 x 150 x 150 cm.
projection : 400 x 240 cm.

Planète iode, tempête dans un verre, oui mais aussi et c’est l’objectif, mer furieuse, mer dangereuse qui attire par sa puissance et emplit d’effroi par son énormité potentiellement dévastatrice. Nous sommes captivés par ce qui menace de nous engloutir. Le double effet est d’autant plus saisissant que le mécanisme ne permet pas de prévoir l’état de la mer ainsi créée.
Le montage technique est évidemment digne d’intérêt, mais ce qui importe c’est ce au service de quoi il est : une proposition d’évocation que chacun traite avec sa personnalité, sa sensibilité et son histoire.

Cette mer déchaînée m’appelle et me fait fuir. Je n’escaladerais pas cette montagne d’eau qui m’hypnotise et va s’écrouler en me faisant disparaître.

L’eau incontrôlable me vrille le corps et l’âme. Et je sais que le marin dira qu’il l’a utilisée et, par-là, dominée.
Tant d’effort assomme, détermine chez le malheureux terrien un enfouissement dans le retrait, l’absence, le repos, le sommeil. Alors comme mes yeux vont se fermer, je vois une silhouette, celle, épaisse de Turner, il approche sa grosse main de l’image et dit : « Ça c’est.. ». A-t-il dit : « La vie » ou bien « La vérité » ? Je n’ai pas entendu.
Tout ça dans un verre d’eau !

Texte de Mr André Mien en 2015.