Les machines de Fabien fascinent, on y retrouve l’ingéniosité d’ un engin capable de nous transporter ailleurs, dans des paysages jamais entrevus, la ruse ou l’expédient inventé, le stratagème pour capter, piéger les forces de la nature, les détourner pour les faire travailler, produire des effets insoupçonnés, enregistrer et amplifier même ce qui échappe à notre perception...Ces « dispositifs optico-phoniques »- c’est ainsi qu’il les nomme- nous rappellent que nous sommes des êtres cosmiques, que nous habitons autant l’infiniment grand que l’infiniment petit, que l’art doit nous habituer , comme la science, à cette variation d’échelle.
« Les machines de désir, les machines de création esthétique, au même titre que les machines scientifiques remanient constamment nos frontières cosmiques » dit Guattari dans « Chaosmose ». Ses machines concentrent ce qu’il y a de plus ancien dans l’approche scientifique du monde et ce qu’il y a de plus contemporain, elles réconcilient l’aspiration à l’ordre et la perfection des anciens comme principe de création, et cette énergie mythique qui produit de l’organisation stupéfiante à partir du chaos. Elles trouvent une voie entre la géométrie des solides et la dynamique des fluides.
Dans leurs rouages, on retrouve aussi bien les solides parfaits de la science antique, tellement parfaits que Kepler prétendait y inscrire l’orbite des planètes , que les trouvailles les plus sophistiquées de la science contemporaine, tel le rayon laser, un dispositif qui augmente de manière significative l’émission de lumière et assure un faisceau monochrome qui traverse l’espace sans se disperser, tout en conservant l’énergie et la chaleur de la lumière.

Entre machines et « machinations » _ Georges Quidet pour HCE Galerie